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Discours de Gaël Perdriau

Discours du Maire de Saint-Étienne et Président de Saint-Étienne Métropole M. Gaël Perdriau dans le cadre du lancement du centenaire du génocide arménien, le 18 février 2015.

Monsieur Raffi KRIKORIAN, Président de la Mission 2015 Rhône Alpes,

Madame Annick BOYADJIAN, Présidente de l’Union Des Associations Arméniennes de la Loire

Monsieur Emmanuel MANDON, représentant Monsieur François ROCHEBLOINE, Député de la Loire,

Monsieur le Vice Consul de La République D’Arménie à Lyon, Monsieur Vaner HAROU TUNYAN

Mesdames et Messieurs les Élus, sénateurs et députés de la Loire

Mesdames et Messieurs les représentants de la communauté arménienne,

Messieurs les représentants des Cultes

Mesdames, Messieurs,

Solitude.

« Je rêve l’équité, la vérité profonde, l’amour qui veut, l’espoir qui luit, la foi qui fonde, Et le peuple éclairé plutôt que châtié.

Je rêve la douceur, la bonté, la pitié, Et le vaste pardon.

De là, ma solitude » écrivait avec fougue un Victor Hugo inspiré.

Devant la folie humaine, devant les drames et les violences d’un autre temps qui assombrissent encore aujourd’hui notre quotidien, nous ressentons tous une immense solitude.

C’est la raison pour laquelle, spontanément, nous nous réunissons en masse comme le 11 janvier dernier, pour vaincre cette solitude et montrer notre commune humanité, ce lien indéfectible qui existe entre chaque humain et que la violence et la barbarie ne peut effacer.

C’est la raison pour laquelle, nous sommes réunis ce soir, pour le lancement du centenaire du terrible génocide arménien, ici en l’hôtel de ville de Saint-Étienne.

Pour braver la solitude des consciences, la solitude des « pourquoi ? », la solitude d’un peuple qui a besoin d’entendre la vérité, une vérité qui, cent année passée, ne peut, ne doit pas être dissimulée dans les tréfonds de l’histoire.

La vérité, la triste vérité, c’est que le 24 avril 1915, il y a bientôt cent ans, un déchainement de violence inouïe allait s’abattre sur un million cinq cent mille arméniens. La vérité c’est qu’il faudra attendre 1943 et l’invention par Raphaël Lemkin du mot « génocide » pour donner un nom à l’égorgement d’un peuple.

Dès 1916, pourtant une France courageuse par la voix de nombreux intellectuelles comme Jean Jaurès, Georges Clemenceau, Ernest Lavisse, Jean Finot ou Denis Cochin, dénonça ce que le grand Anatole France, prix Nobel de littérature, dans un hommage à l’Arménie, appela ce « crime inexpiable »

La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, bien avant l’ONU reconnut ainsi ce crime contre l’humanité.

Depuis, une vingtaine de pays ont reconnu le génocide arménien tout comme le parlement européen.

Mais cette vérité du peuple arménien, nous la connaissons ici plus qu’ailleurs, car la ville de Saint-Étienne a accueilli, dès 1922, de nombreux témoins et rescapés du génocide, contribuant ainsi à une forte présence de la diaspora arménienne et au développement économique de la cité.

La ville de Saint-Étienne a toujours répondu présent.

Pour vaincre cette solitude.

Pour être à vos côtés dans votre démarche de vérité, de reconnaissance.

Car, il est de la grandeur d’un peuple, d’une nation de reconnaitre officiellement ses crimes.

La France l’a fait, à de nombreuses reprises, au cours de son histoire et le discours des commémorations de la Rafle du Vel’d’Hiv’ prononcé par Jacques Chirac en juillet 1995, reste particulièrement dans toutes les mémoires.

Oui, il est de la grandeur d’une nation d’accepter de reconnaitre ses forfaits, les pires heures de son histoire, ces témoignages d’une cruauté mue par la peur, par une haine irrationnelle de l’autre qui tend à gommer toute trace d’humanité.

« Mais qui se souvient encore du massacre des Arméniens ? » lançait Hitler aux commandants en chef de l’armée allemande le 22 août 1939 quelques jours avant l’invasion de la Pologne.

L’histoire se répète tristement et le terrible drame humain qu’a enduré l’Arménie en 1915 a trouvé des échos d’une monstruosité sans pareil tout au long du 20ème siècle et même en ce début de 21ème. Les dieux ont toujours soif.

Le drame de Charlie Hebdo, le massacre par Daesch des chrétiens d’Égypte, la destructions des sépultures juives en Alsace il y a quelques jours de cela, nous montre bien toute l’utilité de votre démarche mémorielle à laquelle nous souscrivons pleinement afin de lutter, encore et encore contre tous les fanatismes.

Que ces moments de recueillement, de mémoire qui nous réunissent aujourd’hui, pour la commémoration du centenaire de ce génocide, puissent ouvrir les yeux à toutes les nations qui nient l’évidence de leurs crimes, indifférents aux souffrances qu’une telle attitude politique procure et que le temps, même un siècle, n’efface nullement.

Ensemble c’est avec force et détermination que nous devons rappeler la vérité, instruire les petits stéphanois sur le drame de la communauté arménienne, combattre sa négation et lutter toujours contre le fanatisme, l’intolérance et la folie humaine.

C’est un devoir sacré. Nous le devons à vos ancêtres. Nous présenterons votre demande de voeux au prochain conseil Municipal à cet effet. L’exposition du Musée du Génocide des Arméniens d’Erevan, que nous présentons en Mairie, y contribuera aussi , j’en suis certain. Et Saint-Etienne Métropole regarde la possibilité d’organiser le match France Arménie à Geoffroy Guichard en octobre prochain.

Je salue avec respect, puisque l’occasion m’en est donné ce soir, l’importante communauté arménienne stéphanoise et, au nom du conseil municipal tout entier, vous assure de notre soutien et de notre fierté d’être à vos côtés dans la commémoration du Centenaire du Génocide des Arméniens.

Merci.